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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 12:41

In " Notices sur les colonies françaises : accompagnées d'un atlas de 14 cartes" 

Auteur : France. Ministère de la marine et des colonies

Éditeur : Challamel aîné (Paris)

Date d'édition : 1866

 

(Illustrations et liens ajoutés au texte d'origine)

 

MAYOTTE.

 

Résumé historique.

L'île Mayotte, qui fait partie du groupe des Comores, presque ignorée des Européens jusqu'en 1840, est cependant habitée depuis six cents ans. Les premiers habitants connus sont des noirs de la côte d'Afrique, d'une tribu ou d'une partie de côte appelée Mouchambara. Lorsque les Portugais abordèrent à Comore, le chef arabe qui y commandait échappa à leur tyrannie avec la plus grande partie des siens. Il arriva sans difficulté à Mayotte, dans la baie de Zambourou, où il construisit une ville dont les restes existent encore. A peu près à la même époque, des Sakalaves de Madagascar vinrent demander à s'établir à Mayotte et obtinrent la cession de cette partie de l'île que l'on nomme aujourd'hui Mon'sapéré. Pendant que ces Arabes et ces Sakalaves s'établissaient à Mayotte,  une riche et nombreuse peuplade de Chiradzy, au nord de  Sohely, ayant pour chef Mohamed-ben-Haïssa, s'empara de la  Grande-Comore, puis des îles Anjouan et Moheli et leur donna  pour chefs ses deux fils. Ce même Haïssa, ayant entendu beaucoup vanter Mayotte, vint visiter cette île; il fut accueilli en ami  et épousa la fille du sultan qui y régnait. A la mort de son  beau-père, il lui succéda et fit bâtir une ville sur un des plus riches plateaux de l'île. Cette ville fut appelée Chingouni, et  l'on voit encore aujourd'hui, comme témoignage de son  existence, les restes dégradés d'une mosquée et d'un tombeau  que l'on dit être celui de Moina-Singa, fille de ce sultan, et auquel elle avait succédé dans le gouvernement de Mayotte,

 

Jusqu'en 1830, l'histoire de Mayotte est assez obscure. Vers  cette époque, Andrian-Souli, roi des Sakalaves venait d'être  chassé par les Hovas de la côté N. O. de Madagascar, lorsque  le sultan de Mayotte, nommé Amadi, qui s'était lié d'amitié  avec lui dans son enfance et qui avait épousé une de ses parentes, lui fit offrir, par son fils Buanacombé, de partager avec lui la souveraineté de Mayotte. Andrian-Souli hésitait, lorsque dans l'intervalle, Amadi fut massacré par son frère qui prit sa place. Buanacombê renouvela les offres faites par son père et engagea Adrian-Soûli à hâter son arrivée. Ce dernier se décida à accepter, l'usurpateur fut renversé et Adrian-Souli fût reçu à Mayotte comme un père. Une partie de l'île lui fut  assignée en toute propriété et il commença à la cultiver  avec les Sakalaves qu'il avait amenés de Madagascar. Mais  bientôt des querelles s'élevèrent entre les, gens d'Andrian- Souli et ceux de Buanacombé et la guerre éclata entre'  les deux chefs. Buanacombé, chassé de Mayotte, chercha un  refuge à Mohéli, près de Ramanateka, à qui il fit cession de  son île, pour prix de son hospitalité. En 1836, Ramanatéka  envahit Mayotte et en chassa à son tour Andrian-Souli. Ce  dernier se réfugia chez Abd-Allah, sultan d'Anjouan, mais il  rentra bientôt en possession de Mayotte, grâce à l'assistance  de ce chef qui vint ensuite attaquer Ramanateka à Mohéli.

Abd-Allah échoua dans cette entreprise; son escadrille ayant  été jetée à la côte dans un coup de. vent, il tomba entre les  mains de Ramanateka qui le laissa mourir de faim en prison.

 

Allaouy fut proclamé sultan d'Anjouan à la place d'Abd-  Allah son père, et avec l'appui d'Andrian-Souli, son beau-  père; mais il fut renversé par son oncle Salim qui favorisa en même temps une révolte à Mayotte contre Andrian-Souli.

Celui-ci parvint à se rendre maître de la révolte et à rester  seul possesseur de Mayotte.

 

Tel était l'état des choses en 1841, lorsque M. Jehenne,  alors lieutenant de vaisseau, commandant la Prévoyante, visita Mayotte et fut frappé des avantages remarquables que  présentait cette île. Peu de temps après, M. Passot, capitaine  d'infanterie, envoyé en mission auprès du souverain de Mayotte, par le contre-amiral de Hell, concluait avec Andrian-Souli, le 25 avril 1841, un traité qui nous assurait la possession de l'île, moyennant une rente annuelle de 5000 francs,  et l'engagement de faire élever à la Réunion deux enfants du  sultan. Trois prétendants contestaient à Andrian-Souli la légitimité de sa possession, c'étaient:

  • 1° Buanacombé, ancien  sultan de Mayotte ;
  • 2° Ramanateka, sultan de Mohéli;
  • 3° Salim, sultan d'Anjouan. Mais toutes ces prétentions furent successivement écartées.

Buanacombé, seul prétendant sérieux, mourut peu après; Ramanatéka est mort aussi, en  léguant la souveraineté de Mohéli à sa fille qui n'a cessé depuis lors de vivre en bonne intelligence avec l'autorité française.

 adriansouli.jpg

Enfin Salim, qui avait succédé comme sultan d'Anjouan, à  Allaouy, décédé à Maurice en 1842; et qui eut pour prétendant  à cette succession un de ses parents, Saïd-Hamza, a renoncé  positivement à tous droits de souveraineté sur Mayotte, en  reconnaissant « comme une chose juste et vraie que, depuis  la mort du sultan Allaouy, les sultans d'Anjouan n'avaient  aucune espèce de droits à faire valoir sur l'île Mayotte et  que ses habitants étaient libres d'en disposer suivant leur volonté. »

pierre_passot.jpg

      Le Capitaine Passot

 

Le traité passé par le capitaine Passot fut donc ratifié par une décision du gouvernement français du 10 février 1843, et la prise de possession de Mayotte fut effectuée le 13 juin 1843, par M. Passot, en présence de M. Protet, commandant de la gabare la Lionne, et de deux détachements d'infanterie et d'artillerie de marine destinés à tenir garnison dans l'île.

 

 

A lire aussi : Protestation du sultan des isles Comores contre l'occupation de l'ile de Mayotte par la France en date du 9 Mars 1843

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Published by LACHERY Laurent, PINGANAUD Frédéric - dans Archives Mahoraises
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commentaires

BAMANA Zaïdou 19/05/2014 20:50


J'ai découvert incidemment votre site. Passionnant ! Je souhaite savoir à quelles conditions des auteurs peuvent faire état de votre documentation rare, indispensable pour une publication à
caractère historique. 


Merci de me répondre.


Cordialement

LACHERY Laurent, PINGANAUD Frédéric 19/05/2014 21:06



Toutes les photographies et les textes sont libres de droit si ils ne sont pas destinés à une finalité commerciale. Attention certains textes sont des extraits de documents consultables soit sur
Gallica soit sur Google books , il faut donc contrôler avant publication le niveau des droits.


Un site est actuellement en constructon (soyez indulgent ) http://www.patrimoine-industriel-de-mayotte.fr/


LACHERY Laurent



Matthieu MICLO 17/05/2012 18:06


Tout mes remerciements aux auteurs de ce blog dont les informations sont très interessantes et introuvables ailleurs. Elles nous aident beaucoup pour la mise en place d'un projet avec une classe
de 4ème au collège de Dzoumogné sur l'usine sucrière du village !

LACHERY Laurent 17/05/2012 21:31



Merci beaucoup, si je trouve d'autres info sur DZOUMOGNE, je les mets en ligne. Pourquoi ne pas créer un "p'tit blog" ???


LAURENT



Bienvenue

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Visiter une friche industrielle à MAYOTTE, n'est pas sans danger.

Ayez toujours à l'esprit que les usines sucrieres etaient parcourues de carneaux  ( couloirs souterrains dans lesquels circulait l'air et qui peuvent mesurer j'usqu'à 2 métres de hauteur ) que ces derniers peuvent a tout moment s'effondrer, il en est de meme pour les chaudières enterrées.
Certaines pieces mécaniques peuvent peser jusqu'à plusieurs centaines de kilogrammes, ne les déplacez pas ...

Enfin nos recherches nous ont amenés à découvrir que les abeilles adorent fabriquer du miel dans les "tas de ferraille" certains s'en souviennent encore....

 

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