Dimanche 15 juin 2008



Les vestiges industriels de Mayotte Juin 2008
par PINGANAUD Frédéric, LACHERY Laurent publié dans : Archives Mahoraises communauté : LES VESTIGES DE MAYOTTE
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Samedi 14 juin 2008

 

In "ETUDE SUR LES ILES COMORES"

Edmond.LEGERET

1890

Imprimeur GRAMPOGER PARI

Historique

Ce fut, dit la tradition le navigateur portugais Diego Suarez qui découvrit Mayotte, en 1527. Le Hollandais Davis y aborda en 1595 et fut, parait-il, fort bien reçu par le sultan de l'Ile.

L'histoire de Mayotte, comme celle de toutes les Comores, est d'ailleurs assez confuse; cependant, le capitaine Péron, dans ses mémoires, parle d'une expédition que le sultan d'Anjouan aurait faite en 1792 contre Mayotte, pour y obtenir le paiement d'un tribut.

 

A cette époque, Radama Ier était roi des Hovas. Adriansouli, chef des Sakalaves de Boéni, avait été chassé par lui de la côte Ouest de Madagascar : il se réfugia avec les siens à Mayotte, où le sultan Amadi, alors en guerre avec les sultans de la Grande Comore et d'Anjouan, lui avait offert l'hospitalité et même une partie de sa souveraineté.

Sur ces entrefaites, le frère d'Amadi le tua et prit sa place; mais Amadi avait un fils, Banacombé, qui, avec l'aide d'Adriansouli et des Sakalaves, renversa à son tour l'usurpateur.

A la suite de cette victoire, Adriansouli épousa la fille d'Amadi et une partie de l'Ile lui fut donnée en récompense de l'appui qu'il avait prêté à Banacombé.

Cette bonne intelligence ne put durer longtemps. La guerre éclata bientôt entre les deux sultans de Mayotte et Banacombé, vaincu et chassé de l'Ile, alla se réfugier à Mohéli auprès de Ramanétak.

Ce dernier envahit Mayotte et infligea une sanglante défaite à Andriansouli ; mais ce dernier, avec l'aide du sultan d'Anjouan, put reconquérir le pouvoir. Pendant son règne, il eut à réprimer de nombreuses révoltes et l'Ile fut à l'état de guerre presque sans interruption.

Telle était la situation lorsqu'en 1840 le lieutenant de vaisseau Jehenne, commandant la Prévoyante, vint à Mayotte.

Adriansouli, fatigué de ces luttes continuelles, offrit de céder l'Ile à la France, moyennant une pension de 5,000 francs. et l'éducation de ses enfants à l'Ile Bourbon. Le gouvernement français envoya en mission un capitaine d'infanterie de marine, M. Passot, pour étudier cette proposition. Trois prétendants se disputaient alors Mayotte : Banacombé, Ramanétak et enfin le sultan d'Anjouan, Salim, frère d'Abdallah. Les deux première moururent pendant les négociations et Salim se désista de ses prétentions. Dans ces conditions, le capitaine Passot conclut avec Andriansouli un traité d'annexion qui fut ratifié le 10 février 1843.
La prise de possession officielle eut lieu le 13 juin suivant.


Les vestiges industriels de Mayotte Juin 2008

par PINGANAUD Frédéric, LACHERY Laurent publié dans : Archives Mahoraises communauté : LES VESTIGES DE MAYOTTE
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Jeudi 12 juin 2008

In "ETUDE SUR LES ILES COMORES"

Edmond.LEGERET

1890

Imprimeur GRAMPOGER PARIS

 

Historique

L'histoire des Comores est assez difficile à établir, si l'on remonte à une époque assez reculée ; cependant il semble résulter d'un ancien manuscrit arabe trouvé à Mayotte, que les premiers habitants des Comores furent les Irduméens ou Arabes.

Leur arrivée dans le pays parait avoir suivi de très près la fin du règne de Salomon. Voici, nous dit ce manuscrit, l'histoire « des temps anciens dans les iles Comores, c'est-à-dire Gazizad, Anjouan, M'Heli et M'Ayata. Nos aïeux nous apprirent que des quatre iles Comores, Gazizad fut habitée la première après la venue du prophète Salomon-ben-Daoudou, que la paix de Dieu soit avec lui.

A cette époque apparurent deux Arabes venant de la Mer Rouge, avec leurs femmes, leurs enfants et leurs domestiques ou esclaves.

Ils s'établirent à la Grande Comore. Après, il arriva beaucoup d'hommes d'Afrique, de la côte de Zanguebar pour habiter dans les îles.

Mais cet écrit ne dit pas par la suite de quelles circonstances les Arabes se fixèrent aux Comores. Est-ce le hasard de la tempête ou le désir de la conquête qui les poussa vers ces régions ?

Dans son histoire de la grande île Madagascar , de Flacourt parle d'une tribu arabe, les Zaffe Hibrahim (enfants d'Abraham), qui se seraient fixés à Madagascar, à une époque paraissant concorder avec celle indiquée sur le manuscrit . C'est, d'autre part, une tradition locale, qu'une colonie d'Arabes, sectateurs ,d’Ali, serait venue se fixer aux Comores, sous la conduite d'un prince de l'Yemen.

Ce prince, après avoir soutenu un grand nombre de combats, aurait été vaincu et aurait pris la fuite avec sa famille et une partie de ses sujets. Une tempête aurait dispersé ses vaisseaux et trois bâtiments seuls auraient pu se sauver.

Le chef serait allé s'établir à Anjouan ; ses sujets se seraient fixés à Maoulé (Mayotte), Mohéli et à la Grande Comore.

Après les Arabes, sont venus des noirs de la côte d'Afrique, de la tribu des Zendjés et des Chambaras.

Les Persans de Chiraz , qui trafiquaient avec la Côte d'Afrique à Magdochon et Kiloa, débarquèrent aussi aux Comores, vers l'an 360 de l'Hégire (1).

A partir du xvi émesiècle, l'histoire devient plus nette et plus précise.

C'est vers les années 1500 et 1505 que des Portugais abordèrent à la Grande Comore, mais ils n'y restèrent pas longtemps et firent place à un parti considérable de Chiraziens venus sous la conduite de Mohamed-Ben-Haïssa. Ces nouveaux immigrants s'établirent à la Grande Comore, à Anjouan et à Mohéli.

Peu après, les Portugais, dit à ce sujet le manuscrit de Mayotte, il est venu beaucoup d'hommes de Chiazi pour rester dans les îles . Ils sont partis de Palestine au nombre de sept boutres.

Le premier aborda Souahéli, le deuxième à Zanzibar, le troisième à Tonguy, le quatrième à Gongué, le cinquième à Gazidad, le sixième à Anjouan et le septième à Boueni sur la côte de Madagascar.

Dans chacun des sept boutres, il y avait un prince de Chirazi, et tous professaient la religion mahométane et, dans tous les pays cités plus haut, il y eut un prince de Chirazi qui régna. Ceux qui sont arrivés a Boueni ne régnèrent que fort peu de temps ; ils furent dominés par les Sakàlaves,qui sont « encore aujourd'hui leurs maîtres ils sont connus sous le nom d'Antalaoussi Antalota.

Les migrations malgaches suivirent de près l'arrivée des Portugais. Parmi elles, il faut citer notamment l'arrivée à Mayotte d'une troupe nombreuse de Sakàlaves qui vint s'établir dans cette île au commencement du xviéme siècle sous la conduite de Diva Marné, un des chefs du Boueni. Les émigrations de Sakàlaves devinrent plus tard très fréquentes, à la suite des guerres

qui ensanglantaient les pays malgaches. Enfin, la traite des esclaves introduisit dans les Comores une foule de Makois, de Montchaous, de Cafres, de Chambaras, etc... venus de Madagascar et de tous les points de la côte d'Afrique. Des Indiens de Bombay, venus pour faire le commerce, introduisirent encore un élément nouveau dans cet étrange mélange de races, qui constitue la population des Comores.

(1) Vers 970 du calendrier Julien-Grégorien

Les vestiges industriels de Mayotte juin 2008

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Dimanche 8 juin 2008

Encyclopédie méthodique ou par ordre de matiéres ...

 De Jacques-Philibert Rousselot de Surgy

Publié 1784

 

Les f on été remplacé par des s.
Les autres termes ont été conservé


COMORES , ISLES COMORES.

Ces iles , situées dans le canal de Mozambique, entre la côte de Zanguebar(1) & de Madagascar , sont au nombre de quatre.Comeré qui en est la principale ,
et qui a donné son nom à ce petit archipel , est peu connue. Les portugais , qui , dans leurs premières expéditions , la découvrirent , y firent tellement détester , par leurs cruautés , le nom des européens, que tous ceux qui ont osé s'y montrer depuis ont été massacrés ou fort mal reçus : aussi l’а-t-on entièrement perdue de vue.
Celles de Mayotte et deMoëli ne font pas plus fréquentées , parce que les approches en sont difficiles , et que le mouillage n'y est pas sur. Les anglois ne relâchent qu'à l'ile d'Anjouan.
C'est - là que la nature , dans une étendue de trente lieues de contour , étale toute sa richessee avec toute sa simplicite.

Des coteaux toujours verts , des vallées toujours riantes y forment partout des paysages variés et délicieux. Trente mille habitants, distribuésen foixante & treize villages, en partagent les productions. Leur langage est l'arabe ; leur religion un mahomérisme fort corrompu.
On leur trouve des principes de morale , plus épurés qu'ils ne le font communément dans cette partie du globe.

 L'habitude qu'ils ont contractée de vivre de lait & de végétaux , leur a donné une aversion insurmontable pour le travail.
De cette paresse est né un certain air de grandeur , qui conduit, pour les gens distingues , à laisser croître excessivement leurs ongles. Pour se faire une beauté de cette négligence , ils les teignent d'un rouge tirant sur le jaune , que leur
fournit un arbrisseau.
Ce peuple né pour l'indolence, a perdu la liberté qu'il était fans doute venu chercher d'un continent voisin , dont il était originaire.

Un négociant arabe , il n'y a pas un siécle , ayant tué au Mozambique un gentilhomme portugais , se jetta dans un bateau que le hafard conduisit à Anjouan. Cet étranger se servit si bien de la supériorité de ses lumières , & du recours de quelques-uns de ses compatriotes , qu'il s'empara d'une autorité abfolue que son petit-fils exerce encore aujourd'hui.

 

Cette révolution dans le gouvernement ne diminua rien de la liberté & de la sureté que trouvaient les anglois qui abordaient dans l'ile.

Ils continuaient à mettre paisiblement leurs malades à terre , où la salubrité de l'air , l'excellence des fruits , des vivres & de l'eau les rétablissaient bientôt.

 

Seulement on fut réduit à payer plus cher les provisions dont on avait befoin, et voici pourquoi.

 

Les arabes ont pris la route d'une ile où régnait un arabe. Ils y ont porté le goût des manufactures des Indes; et comme des cauris (2), des noix de coco , & les autres denrées qu'ils y prenaient en échange , ne suffisaient pas pour payer ce luxe , les insulaires ont été réduits a exiger de l'argent pour leurs bœufs , leurs chèvres , leurs volailles , qu'ils livraient auparavant pour des grains de verre, & d'autres bagatelles d'un aussî vil prix. Cette nouveauté n'a pas cependant dégoûté les anglois d'un lieu de relâche , qui n'a d'autre défaut que celui d'être trop éloigné de nos parages.

(1) La côte de Zanguebar est l'ancienne appellation d'une partie de la côte de l'Afrique orientale (aujourd'hui en Tanzanie, au Kenya et en Sud-Somalie), qui s'étendait le long de l'océan Indien entre la côte d'Ajan au nord et le Mozambique au sud (du 5e degré de latitude Nord au 11e degré de latitude Sud).
Elle était principalement possession du sultanat d'Oman, et l'on y distinguait les États de Magadoxo, Mélinde, Zanzibar, Quiloa, etc


(2) Le cauris est un coquillage originaire des îles Maldives. Introduit en Afrique bien avant la pénétration coloniale, ce coquillage servait de monnaie dans les transactions commerciales, en remplacement du troc. Après la découverte de la monnaie métallique, le cauris a alors été utilisé pour diverses autres fonctions : parures, décorations et objets de divination


Vestiges industriels de Mayotte, Juin 2008
par PINGANAUD Frédéric, LACHERY Laurent publié dans : Archives Mahoraises communauté : LES VESTIGES DE MAYOTTE
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Samedi 7 juin 2008
Extrait du rapport de l'exposition internationale (1878 ; Paris).
Catalogue officiel. 1878
Sources : Collection personnelle,

Les noms propres ( lieux,communes etc...) sont ceux employés dans le document original.

 

 

MAYOTTE

Topographie. - L'île de Mayotte est située par 12°45' de latitude sud et 43° de longitude est.

Elle occupe, dans sa plus grande dimension, une étendue de O* 25' nord et sud et se trouve réduite, sur quelques-uns de ses points, à une largeur de 2 lieues (environ 8 kilomètres). Ses bords sont hérissés de caps et hachés de ravines profondes où la mer pénètre quelquefois assez loin; on peut se figurer Mayotte comme un poisson dont l'arête aurait été mise à nu dans le milieu du corps, tandis que les deux extrémités auraient conservé leur enveloppe charnue

 

Elle s'étend, comme nous l'avons dit, du nord au sud ; elle est traversée dans toute sa longueur par une chaîne de montagnes dont plusieurs points sont élevés de 600 mètres environ ; son sol, d'origine volcanique, est inégal,, onduleux, coupé de ravins très-profonds, formant autant de torrents pendant la saison des pluies, et desséchés pendant le reste de l'année.

 

En s'approchant de la mer, le terrain s'abaisse d'une manière un peu brusque et se termine, dans la majeure partie de l'île, en marais fangeux recouverts de palétuviers noyés par chaque marée.

Dans l'intérieur, à l'ouest de la chaîne principale, on remarque plusieurs plateaux, particulièrement deux assez étendus et à l'abri des dégâts que produisent les pluies abondantes de l'hivernage. Cette partie de l'île est la plus favorable aux cultures, tant à cause de sa position qui la met à l'abri des vents généraux, qu'à cause de son élévation moyenne qui lui permet de con­server plus longtemps l'humidité si nécessaire pendant la germination des graminées.

 

 

En général les sommets des monts les plus élevés sont stériles, on n'y voit que quelques arbres rabougris et clair semés ; il n'en est pas de même des versants, qui présentent une végétation d'autant plus belle qu'on se rapproche des bas fonds ou serpentent les cours d'eau ; c'est surtout dans ces portions de terrain que les naturels avaient établi leurs cultures. Ils y ont pratiqué des défrichements souvent regrettables à cause du moyen par eux employé, et qui consiste à incendier les bois.

 

Villages. - Il n'existait, à notre arrivée à Mayotte, qu'un seul grand village, nommé Choa, situé à l'est de l'ile, près de son extrémité nord, sur un promontoire assez élevé aux bords de la mer. Depuis notre occupation, les naturels, plus confiants, ont rebâti d'abord leur ancienne capitale  (Chingoni) située à la partie ouest de l'île, près d'une sorte de marais qui prend, à la saison des pluies, les dimensions d'un petit lac. Aujourd'hui le nombre des villages s'est con­sidérablement accru ; on cite, entre autres, ceux de Koëni, de Jongoni, Do-pan,, etc.

 

Pamanzi. La rade principale devant Choa présence un bon mouillage ; une source abondante d'eau très-salubre vient se jeter à la mer à une très-faible distance et offre une aiguade commode. La rade est bornée à l'est par l'île de Pamanzi, îlot stérile et montagneux qui présente seulement à sa partie nord-ouest une plaine recouverte de palétuviers, baignés par la marée; c'est la seule partie de l'îlot susceptible de culture. Son point le plus culminant offre un vaste cratère éteint dont le fond est rempli d'une eau bourbeuse et salée.

 

Dzaoudzi. Sur un tertre élevé, isolé et réuni à Pamanzi par une langue de terre très-étroite, entièrement recouverte à marée haute, se trouve le village de Dzaoudzi, ancienne résidence d'un pacha. Ce village, habité au début par quelques arabes, a reçu la plus grande partie de la population européenne de

Mayotte, la garnison, un hôpital construit dans un endroit salubre et tous les bâtiments publics servant au gouvernement et à l'administration. On estime que ces constructions ont coûté de 5 à 6 millions. Dzaoudzi est le chef-lieu de l'Ile. La rade, située au nord-est, et qui porte le nom de Dzaoudzi, est d'une bonne tenue, elle a 80 brasses de fond. sable et vase.

 

Mamoulzou. La presqu'île qui porte ce nom est située, également à la côte, en face de Pamanzi. Sa configuration l'avait fait choisir pour l'établissement d'une ville commerciale (projet élaboré en 1844 et repris en 1863). Il existe une aiguade qui possède, dans un bassin voûté, une réserve de 50,000 litres d'eau. Le produit des sources qui alimentent ce bassin est de 6 à 7 décilitres par seconde. Tout près de ce bassin coulent d'autres sources dont les produits réunis donnent une quantité d'eau à peu près équivalente. Les deux rivières de M'saperé et de Koeni donnent en outre à ce pays un approvisionnement d'eau considérable. A ces avantages se joignent un accès facile pour les navires et une grande fertilité du sol.

 

Le commandant de la colonie possède déjà un pavillon sur ce point plus salubre que Dzaoudzi.                               

 

Une citerne fournit seule de l'eau à Dzaoudzi et cette eau est de mauvaise qualité, il faut donc pour les besoins de la population, envoyer chercher de l'eau à Mayotte. Ce service se fait régulièrement chaque jour au moyen de  deux chaloupes.

 Mais le personnel se trouve rationné comme à bord d'un navire.

 

On a formé, en 1844, le projet de faire de Dzaoudzi le centre d'une des plus fortes places du monde en occupant le Morne aux Indiens et le Morne Mirandol, en fortifiant Choa les îles Mougnamer, Bougi, Bandali, etc,, etc.; ce projet a du être abandonné, l'importance de l'île ne justifiant pas, quant à présent, de tels travaux.

 

Longoni. La baie de Longoni est une des plus belles de Mayotte, elle offre aux bâtiments un bon mouillage, une rade spacieuse, d'excellente eau, du bois de chauffage et de mâture facile à faire, et des poissons de table pour les équipages. Un ruisseau y débouche ; elle est obstruée par les palétuviers.

Mayotte a sur Nossi-Bé l'avantage d'un port magnifique,, point de relâche naturel de tous les navires allant dans l'Inde par le canal de Mozambique. Sa situation même à 60 lieues plus à l'ouest permet aux navires qui, de ce point se rendent à Bombetock, d'avoir, par toute mousson, les vents traversiers la distance de chacune des deux îles à ce port étant d'ailleurs à peu près égale.

 

Hydrographie et météorologie. - Les courants autour de Mayotte sont très-variables en force et en direction, suivant les localités. Néanmoins,, leur direction est presque toujours celle de la côte près de la côte, et celle des récifs près des récifs ; leur vitesse a quelquefois 3 nœuds 1/2 dans les passes.

Le flot porte au sud-ouest ou au sud, selon la position ; le jusant porte au nord est ou au nord dans les passes; ils suivent la direction des passes au com­mencement du flot et à la fin du jusant..

 

. La chaleur est moins accablante à Mayotte qu'à Nossi-Bé. Il règne pendant le jour une brise du sud-est, et le soir une brise du sud-ouest qui ne rencontrent aucun obstacle Comme elles viennent du large, elles produisent un abaissement relatif de température.

La hauteur moyenne du thermomètre est de 27° centigrades.

Dans la partie sud de I'Ile. les pluies sont moins abondantes pendant l'hivernage  que dans l'est. C'est le contraire pendant la belle saison.

 

Culture. - On estime la superficie de Mayotte à 15 ou 20,000 hectares. Son sol est très-fertile, et particulièrement propre à la culture de la canne à sucre. Cette plante y atteint son maximum de développement en 9 à 10 mois. Plantée en septembre, elle peut être portée au moulin en juin.

 

Population.-La population de Mayotte se compose pour la plus grande partie, de Sakalaves, d'Antalaots et d'Arabes ; elle s'élevait au 1er janvier 1876, à 10,875 personnes ainsi réparties:                                                      

 

Hommes et enfants mâles :                                                 8 142

Femmes et enfants du sexe féminin :                                  2 733

 

Total :                                                                                   10 875

 

 

Cultures :   2,750 hectares plantés en canne ont donné, en 1876, 3,179,000 kilogrammes de sucre, fabriqués dans dix sucreries; 1 190 hectares sont consacrés aux autres cultures, maïs, riz, cafés, cocotiers, tabac, légumes secs, etc..

 

Navigation. - Le nombre des navires entrés dans le port de Dzaoudzi, en 1875 était de 112, portant 2,335 hommes d'équipage et jaugeant 15,882 tonneaux. Le nombre des navires sortis a été de 103, portant 2,227 hommes d'équipage et jaugeant 14,315 tonneaux.

 

Le mouvement commercial a été de 1,893,755 fr. en 1877, savoir :

 

Importations :    724 555

Exportations : 1 169 200

 

Total général    1,893,755

 

Il n'existe pas de droits de douane à Mayotte.

La séparation administrative de Mayotte et Nossi-Bé a eu lieu en vertu d'un décret en date du 14 juillet 1877.

par PINGANAUD Frédéric, LACHERY Laurent publié dans : Archives Mahoraises communauté : LES VESTIGES DE MAYOTTE
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Samedi 26 janvier 2008
Un texte d' A .BENOIST D'AZY publié dans:

 

LE CORRESPONDANT
RECUEIL PÉRIODIQUE
RELIGION — PHILOSOPHIE — POLITIQUE —
SCIENCES —
LITTERATURE — BEAUX-ARTS
TOME CINQUANTE-TROISIÈME
DE LA COLLECTION.
NOUVELLE — TOME DIX-SEPTIÈME
PARIS
CHARLES DOUNIOL, LIBRAIRE-ÉDITEUR
29, RUE DE TOORNOK, 29
1861




768

ÉTUDES COLONIALES.

(…) La première concession fut accordée à deux honorables maisons de Nantes, qui unirent leurs intérêts sous le nom de Compagnie des Comores. Une terre vierge extrêmement fertile, de grandes facilités données par le port que le gouvernement se proposait de créer, l'aug-mentation du prix du sucre, la certitude d'avoir à bon compte un grand nombre de travailleurs libres1, alors que les autres colonies avaient la charge et les soucis du travail esclave, étaient autant de chances de succès.
M. Ciret, ancien président de la Chambre de commerce de Nantes, un des gérants de la Compagnie, partit pour Mayotte. Il devait s'établir sur l'une des concessions. Un colon habile de Maurice, M. Noël, devait en conduire personnellement une autre. Lorsqu'on songe aux peines que donne, même en Europe, la constitution d'un établissement agricole ou industriel, à l'habileté nécessaire pour diriger une affaire tenant de l'un et de l'autre ; on se demande ce que ce doit être , dans un pays où la terre est en friche, où l'on doit bâtir pour se loger, où l'on n'a sous la main ni ouvriers d'art, ni ressource d'aucune espèce.
En arrivant, M. Ciret s'établit dans une case couverte en feuilles de rafia, réunit des travailleurs et se mit àdéfricher. Dès l'abord, il ren­contra une première difficulté : la canne se plante par boutures*; c'est la partie supérieure du roseau qu'on emploie de préférence à cet usage. Mais, à peine coupée, la canne fermente, et une bouture fermentée ne peut plus germer. Mayotte, n'ayant pas de canne, ne
1 10 fr. de gages et 5 fr. de nourriture étaient le maximum du prix d'un mois de travail ; à ce taux, on pouvait, au 

début, se procurer autant d'ouvriers qu'on
pouvait en désirer.
4 Sur des lignes parallèles espacées de 5 pieds. —- Sur chaque ligne, on creuse, à 2 pieds de distance, des trous de 6 

pouces à 1 pied de profondeur, dans lesquels
les boutures sont placées.




ILE DE MAYOTTE.

769

pouvait fournir le plant nécessaire. Il fallut aller le chercher à Zan­zibarà Bourbon et à Maurice. Quelque rapides que fussent les traver­sées, tout arriva souvent hors d'état de servir. Les plantations de la Compagnie furent par suite retardées de deux années; mais ces efforts eurent au moins l'avantage d'éviter les mêmes peines et les mêmes frais à ceux qui, plus tard, vinrent planter à leur tour.
Débarqué à Mayotte le 5 janvier 1846, M. Ciret avait voulu com­mencer à fabriquer en 1848 et être en pleine marche en 1849. Il aurait pu, dès cette époque, produire quelques centaines de milliers de sucre, car il avait, malgré tout, réussi à planter et à mener à bien 26,000 gaulettes1 de canne; mais l'épidémie trompa ses espérances, dont la réalisation devait être encore bien éloignée.
Sans se laisser détourner de son but par les tristes nouvelles de France, par les désordres qu'entraînait dans les autres colonies une émancipation subite, M. Ciret avait, en 1848, commencé à construire son usine avec quatre maçons seulement, cherchant à s'en procurer d'autres, mettant lui-même la main à l'œuvre. Il pensait pouvoir rouler l'année suivante; mais ses ouvriers prirent la fièvre, ses tra­vaux n'avançaient que lentement. En 1849, ce fut bien autre chose.
M. Noël, frappé dans ses plus chères affections de famille, quitta la colonie. Trois employés de la Compagnie sur quatre partirent de même. Le mécanicien, arrivé au début de l'épidémie, et atteint par elle, dut être renvoyé à Bourbon. Mais rien ne put abattre l'énergie de M. Ciret. Il ne s'arrêta pas. « C'est un courage héroïque; il est mû « par un autre mobile que l'intérêt, » écrivait le commandant supé­rieur, « car l'intérêt ne saurait produire une pareille abnégation ni « alimenter de semblables efforts. Avec une santé ruinée, avec la fièvre « en permanence, il va chaque jour à la grande terre; s'il ne peut se « tenir debout, il travaille à ses écritures. Cet état de maladie dure « depuis six mois et plus. Qui peut en savoir l'origine? M. Ciret se « cache quand il est malade. » Et M. Livet ajoutait encore : « C'est « toujours la même âme de bronze; mais le corps n'y est plus, ses « traits portent l'empreinte de souffrances invétérées. Le rappel avant « la réussite lui paraîtra peut-être plus dur que la mort même, mais « il n'y a pas un instant à perdre pour le remplacer. »
M. Ciret s'indignait contre une telle pensée et contre ceux auxquels l'humanité l'inspirait. « Je n'ai donné à personne le droit de dire « que j'étais malade, répondait-il; j'ai tenu tête à la fièvre, et les « champs de canne m'ont souvent reçu lorsque j'étais épuisé; mais je « n'ai pas voulu changer d'air, ce qu'on déclarait indispensable. Il « s'agissait de la construction de l'usine et du succès de l'entre-
1 60 ou 62 hectares.


770

ÉTUDES COLONIALES.

-prise; ma surveillance a été d'autant plus active que j' étais moins « secondé. »
Au commencement de 1850, M. Ciret avait réussi à terminer son usine, grand bâtiment de 100 mètres de long ; des cannes étaient prêtes ; mais ce que l'énergie et le travail de manœuvres ne suf­fisent pas à accomplir n'était pas fait. Pour broyer les cannes, cuire. faire cristalliser, en un mot fabriquer le sucre, il faut des machines, des chaudières, des appareils que des ouvriers habiles peuvent seuls suffire à monter et à entretenir. En France, on trouve ces ouvriers en grand nombre; mais, aux colonies, ils sont rares : ils l'étaient plus encore maintenant. Ils ne se souciaient pas, surtout les plus habiles, de venir à Mayotte, et ce fut l'obstacle que ne put vaincre M. Ciret. Un second mécanicien, venu en avril 1850, souvent malade, peu adroit, ne finit de monter sa première machine qu'en décembre, au temps où des pluies diluviennes rendent impossibles le transport des cannes, le séchage du sucre. Cette campagne aurait pu compenser les pertes précédentes, mais on eut cinq tonneaux de sucre, seulement à donner au navire frété d'avance pour emporter la récolte. En 1851, un nouvel ouvrier devint comme paralysé et finit par mourir d'hydropisie l'année suivante En 1854, un autre, venant de France, ne devait passer que trois mois à Bourbon; il resta dans cette colo­nie, manquant à ses engagement*. Celui qui se trouvait sur les lieux laissa une basse température se briser, et, faute de cet appareil, 255,000 livres de sucre restèrent dans les cannes. Il serait trop long d'énumérer jusqu'au bout les contre-temps de cette nature.
D'autres causes encore pouvaient lasser les courages les mieux trempés. Chaque année, un peu plus de sucre s'était produit, mais jamais assez pour former le chargement d'un navire. A la demande du commandant supérieur, les bâtiments de l'État en portèrent quel-quefois à Bourbon, mais leurs dispositions ne leur permettaient d'en prendre qu'une petite quantité, et leur passage était rare . Les navires de commerce, même frétés enentier,neconsentaientpasvolontiers à venir. En 1853, M. Ciret fut obligé de charger des sucres sur un bâtiment anglais pour les envoyer à Nantes. L'impossibilité de les expédier par pavillon national ayant été reconnue, on consentit, mais avec peine, et à la demande de la direction des colonies, à les laisser entrer sans surtaxe.
Ces difficultés successives avaient forcé M. Ciret de négliger la deuxième concession : il n'y pouvait planter des cannes lorsqu'il en avait déjà, en 1852, vingt-trois hectares fermentés sur pied à Koeny1;
1 Koeny est la première habitation de la Compagnie des Comores, la deuxième se nomme Debeny. — Debeny possède aujourd'hui une belle usine, comme Koeny.



ILE DE MAY0TTE.

771

pour obéir aux conditions de la concession, il fut obligé de faire des cultures onéreuses, de planter des cocos, pour ne pas être évincé. 11 l'eût été, néanmoins, si en France on n'avait trouvé injuste de dépos-séder l'homme auquel la colonie, à vrai dire, était redevable de son existence.
Parler des établissements de la Compagnie des Comores et de M. Ciret, c'est en réalité faire l'histoire de la colonisation à Mayotte dans les premières années. Des autres habitations fondées avant l'é-pidémie, une seule a également traversé cette redoutable épreuve. C'est celle d'Issondzou, créée en 1848 par M- Sohier de Vaucouleurs, jeune capitaine au long cours, commandant un navire de la maison Ciret.
Plus tard, le travail reprenant à Bourbon, la canne donnant de gros bénéfices, de nouvelles concessions à Mayotte furent demandées . MM. Hallez et le Restif obtinrent chacun 500 hectares. Deux simples ouvriers européens, MM. Artaud et Leroy, en prirent cin­quante-quatre, à la mise en valeur desquels ils consacrèrent leurs économies en se mettant à travailler eux-mêmes à la tête de leurs engagés. En 1853, M. Dupérier, négociant éminent de Paris, connu par sa loyauté et son intelligence, dont la famille avait habité Saint-Domingue, résolut, dans un but de patriotisme bien plus que d'intérêt, de contribuer pour sa part au succès de la tentative colo­niale entreprise par la France. Son propre frère, M. de Cougnacq, partit et éleva à Dzoumogué une sucrerie modèle aussi perfectionnée que nos meilleurs établissements du Nord et du Pas-de-Calais.
Presque chaque année, depuis, de nouveaux concessionnaires se sont présentés sans se laisser décourager par les délais auxquels le système employé soumettait l'acceptation de leurs demandes, et maintenant, il reste à Mayotte bien peu de terre à donner. Ces établis-sements nouveaux et anciens ont subi tout à la fois les mêmes tra­verses : la plus grande difficulté est toujours venue des machines. Il n'est pas une usine dont, par le défaut de moyens, le montage n'ait été retardé ou le fonctionnement arrêté au moment important. Peu à peu, les habitations devenant plus nombreuses, les ouvriers se sont multipliés, et l'on a pu s'entraider davantage ; néanmoins les acci­dents sont toujours difficiles à réparer et peuvent encore causer de graves mécomptes.
Les expéditions sont devenues plus faciles lorsque l'île a produit de quoi charger un navire tout entier. Mais la question des travail­leurs,, qui ne paraissait pas devoir être soulevée, a été une difficulté plus sérieuse et la cause de bien des pertes.
La culture de la canne à sucre est de toutes les industries la plus productive. Un hectare de bon terrain, bien soigné, donne 110,000 ki-



 

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ÉTUDES COLONIALES.


-los de cannes et 10,000 kilos de sucre; mais il est une condition indispensable pour que cette culture soit possible. Les colons, à la fois producteurs et fabricants, doivent avoir à leur disposition des ouvriers nombreux et à bon compte. Ils ne suffiraient pas, sans cela, à l'entretien rigoureux, aux sarclages fréquents, aux travaux pressés de la récolte et de la manipulation. La richesse de tout pays tropical où Ton peut aisément se procurer la main-d'œuvre est assurée. Mayotte, au début, était favorisé à cet égard. Les boutres arabes y amenaient de Madagascar et des iles voisines des indigènes qui s'engageaient à bas prix. Mais, à partir de 1852, les colons de Bourbon et de Maurice, dont les cultures réclamaient un plus grand nombre de bras, vinrent sur les lieux mêmes recruter aussi. Cette concurrence, très-légitime, était très-rude pour les établissements de Mayotte, les uns débutant, les autres ne marchant que progressive­ment avec un capital épuisé par les épreuves précédentes. Les noirs, engagés dans leurs foyers, ne venaient plus s'offrir d'eux-mêmes à Mayotte. Pour aller les chercher, il fallait, immobiliser un navire européen trop cher pour le nombre relativement restreint des engagés nécessai-res, ou expédier un boutre arabe, dont le patron ne pouvait rien faire sans «avances et partait en les emportant si on avait le malheur de lui en confier. De plus, les infractions aux engagements, impossibles à Bour­bon, étaient fréquentes à Mayotte : l'engagé, plus près de chez lui, disparaissait souvent sur un bateau en partance ou en enlevant une pirogue le lendemain même du jour où il avait reçu la prime. Les gens de l'ile, eux-mêmes, ne respectaient guère plus leurs contrats, et sou­vent le personnel faisait presque entièrement défaut, alors que l'usine, à la fin en bon état, eût pu broyer immédiatement les cannes sur pied, et, plus tard, celles qu'on devait planter.
Cet état de choses eût été un obstacle absolu, sans l'intervention de l'autorité locale. Un grand nombre d'indigènes, la plupart anciens esclaves, n'ayant ni terres ni moyens d'existence, vivaient de rapines et dans l'oisiveté la plus absolue. M. Vérand, le commandant supé­rieur dont la direction ferme et intelligente a le plus fait pour la prospérité de Mayotte, leur donna le choix de quitter l'île ou de pren­dre des engagements de travail. Une police faite aussi bien que le permettaient des moyens imparfaits assura le respect des conven­tions réciproques de la part des engagés et des planteurs. La colonie fut débarrassée d'un élément de désordre, et les travaux y ga-gnèrent.

Ces mesures, certains griefs plus justes de quelques travailleurs qui n'avaient point été payés régulièrement, furent l'occasion d'une insurrection peu sérieuse et bien vite réprimée. Un ancien chef Saklave, auquel le gouvernement faisait une pension, en fut le pro-


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ILES DE MAYOTTE.
                                             
-moteur. Les Saklaves sont bien meilleurs ouvriers que les Mahoris, mais il sont naturellement turbulents. Déjà, dix ans auparavant, on avait été obligé d'user de rigueur contre un de leurs chefs1, et cette fois encore on comptait peu de Mahoris parmi les insurgés. M. Ve-rand était à Nossi-Bé au moment où le mouvement éclata. Il accourut à Mayotte. (1 n'avait que peu de troupes, il négocia, fit droit aux plaintes légitimes, détacha la partie honnète de l'insurrection, puis agit avec vigueur. Avec la garnison, renforcée d'un détachement de matelots ' commandé par M. Lagrange, devenu aujourd'hui gou­verneur de Sainte-Marie, il ramena l'ordre, malheureusement trou­blé, pendant trois mois, au moment le plus important de l'année. A partir de cette époque, la position commença à s'améliorer. Pour rendre le recrutement à l'extérieur plus facile et plus régulier, les commandants des bâtiments de guerre surveillants passèrent des traités avec les autorités indigènes des Comores ou de Madagascar, et même avec les chefs réellement indépendants de la côte soi-disant por­tugaise du Mozambique. Malheureusement, des faits regrettables qui ont eu lieu ont fait interdire depuis les engagements pour Bourbon. Les colons de Mayotte, dont les opérations n'avaient mérité aucun blâme, ont été un peu plus favorisés ; ils sont autorisés à tirer, des Comores, mais des Comores seulement, les ouvriers dont ils ont be­soin. Si ces travailleurs sont loin de valoir les Cafres, ils n'en sont pas moins une ressource précieuse. Mais, comme il est toujours difficile de les faire venir, comme les bâtiments anglais coulent impitoyablement tous bateaux arabes chargés d'engagés, sous pré­texte que ce peuvent être des esclaves, le gouvernement français a autorisé les colons de Mayotte à acheter des boutres, qui, montés par des Mahoris sujets français et appartenant à des Français, por­tent notre pavillon, et peuvent se livrer sans inquiétude aux opéra­tions de recrutement sous le contrôle de l'administration. Bourbon, de son côté, par suite d'une convention récente passée avec l'Angle­terre, pourra trouver dans l'Inde de nombreux coolies et sentira moins le besoin d'en demander à d'autres pays. Les ateliers n'au­ront donc plus la même difficulté à se monter; mais le nombre des travailleurs, quoique déjà beaucoup augmenté, suffit à peine au dé­veloppement des exploitations; le travail ne sera assuré que le jour où Mayotte possédera une population fixe, régulière, laborieuse, suffisant à tous ses besoins.
1 En 1845, à la mort d'Andrian-Souli, des Saklaves voulurent choisir pour prince son fils Bangala. L'autorité s'opposa à cette 

élection, contraire aux traités. On exila un chef chez lequel une fabrique clandestine de zagaies fut découverte.
5 1 '20 ou 150 hommes en tout.
3 Août 1856.





774                                           ÉTUDES COLONIALES.
L'histoire de chaque habitation, séparément, ne serait, comme celle de Koeny dans les premières années, qu'un témoignage répété du courage et de la persévérance de nos compatriotes. Plusieurs y ont succombé. En 4855, M. Ciret avait été remplacé, sur sa demande, dans sa gestion; mais il n'avait pu demeurer oisif, et s'était livré à l'exploitation d'une petite concession moins importante. D'un âge déjà avancé quand il était parti pour Mayotte, et usé par les fati­gues, il mourut en 1857. L'année suivante mourut aussi son suc­cesseur, M. de Cambourg, cœur aussi déterminé, esprit plus calme, membre vigoureux de cette noblesse bretonne dont tant d'enfants ont autrefois, par la lutte et par le travail, contribué à doter la France de colonies qu'elle n'a pas su garder. Il était resté trois ans dans le pays, et succomba pour n'avoir voulu céder ni à la fatigue ni à la maladie. Son jeune fils, âgé de dix-neuf ans, pouvait quitter Mayotte, où ne le retenait aucune obligation. Il tint à honneur de ne pas laisser souf­frir les intérêts confiés à son père. Pendant dix-huit mois, jusqu'à l'arrivée d'un nouveau directeur, il administra avec une habileté su­périeure à son âge les deux habitations de la Compagnie des Comores. Mayotte perdit enfin M. de Cougnacq, mort à Bourbon d'une inso­lation, et divers ouvriers, soldats vigoureux de l'entreprise.
Aucun colon, depuis 1850, n'a encore obtenu tous les résultats qu'il est raisonnable d'espérer, mais aucun ne s'est rebuté. Les le­çons du passé sont mises à profit; chaque année la production aug­mente. Elle a été de 5,000 kilos en 1851 ; de 1,365,000 en 1859; elle a dépassé 2 millions pour 1860, et ne s'arrêtera plus dans sa marche progressive. Les habitations de la Compagnie des Comores donneront à elles seules 500,000 kilog. en 1861 .Les navires ne man­quent plus à ces transports et viennent directement de France appor­ter et prendre des chargements.
Dix-sept concessions, comprenant une étendue de 8,000 hectares, renferment neuf sucreries qui fonctionnent et manipulent non-seule­ment leurs cannes, mais encore celles des planteurs qui se contentent de produire. D'autres vont s'élever. L'augmentation des revenus commence à donner les bénéfices longtemps attendus et permet de faire les sacrifices nécessaires. Les plus récentes concessions ont été données à de riches colons de Bourbon qui croyaient autrefois qu'à Mayotte on ne pouvait récolter que la fièvre et qui arrivent, ap­portant leur expérience et leur argent. 11 ne faut pas se plaindre si ces ouvriers de la dernière heure reçoivent autant et plus que les autres : le succès seul est important et celui de tous les colons est so­lidaire. La prospérité agricole de cette colonie naissante est aujour­d'hui assurée; mais il est un autre progrès sur lequel il est permis de compter.






ILE DE MAYOTTE :

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Mayotte, comme nous le disions au commencement de cet article, est destiné à devenir un entrepôt du commerce européen avec la côte d'Afrique et avec Madagascar. Ce commerce se fera sur une grande échelle par les navires qui viendront de France charger des sucres, et se répartira en détail par les petits caboteurs indigènes d'une côte à l'autre.

Le commerce de troque, qui se fait aujourd'hui par les navires anglais et américains dans les petits ports de la côte d'Afrique, se fera plus aisément avec un entrepôt européen à portée. C'est là surtout l'avenir de cette petite colonie; mais la prospérité agricole en était la base nécessaire. Il dépend de l'État de rendre ce mouvement plus rapide et plus sûr.



 


 



 


 

 



 

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Samedi 1 décembre 2007

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Dans ce document la baie à laquelle on fait allusion est certainement la Baie D'ACOUA.


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Sources: Histoire générale des voyages, ou, Nouvelle collection de toutes les nouvelles relations de voyage par mer et par terre

Editeur :Didot libraire

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Jeudi 29 novembre 2007

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Sources : Nouveau recueil génèral de traités,conventions et autres transactions remarquables servant à la connaissance  des relations etrangères des puissances et etats dans leurs rapports mutuels.

Auteur : Frederic Murhard

Librairie de DIETERICH (1847)

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Mercredi 28 novembre 2007

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Sources : Législation de l'ile de la Reunion
Auteur : Delebarre de Nanteuil
Cosse et Marchal Imprimeurs-éditeurs
1861
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